S‘élevant sur la rive droite de l’Isère, la Collégiale a connu de nombreuses transformations depuis sa construction en 837. L’édifice est classé Monument historique depuis 1840.
-
838
Fondation d'une abbaye par Barnard, archevêque de Vienne, sous le vocable des apôtres et des trois saints martyrs Séverin, Exupère et Félicien..
-
Fin Xᵉ siècle
Après la canonisation vox populi de Barnard en 944, la collégiale est placée sous le vocable de Saint Barnard.
-
XIIIᵉ siècle
Jean de Bernin, archevêque de Vienne, fait agrandir la collégiale romane pour lui donner son caractère gothique actuel.
-
Début du XIVᵉ siècle
Construction de la Maison du Mouton, édifice protégé au titre des monuments historiques, témoin du développement économique de Romans au Moyen Âge. Avec plus de 6000 habitants, Romans est une des principales villes du Dauphiné.
-
1349
Transport de la principauté du Dauphiné, vendue par le dauphin Humbert II, au royaume de France. Le traité est signé à Romans dans le palais du dauphin.
-
XVIᵉ siècle
Au début du règne de François Iᵉʳ, fondation du grand chemin de croix de Romans, appelé Grand Voyage, et du calvaire des récollets.
-
2022
Restauration des vitraux et de l'orgue endommagés par l'orage de grêle en juin 2019.
La collégiale, à l'origine de Romans
Fondé en 838 par l'archevêque de Vienne, Barnard, l'édifice que l'on peut admirer de nos jours a été bâti du XIIᵉ au XVIIIᵉ siècle et présente une remarquable architecture romane et gothique.
La collégiale est un édifice majeur dans l'histoire de la ville, à l'origine de la constitution d'un bourg au XIIᵉ siècle, puis d'une ville prospère forte de son pont et de ses remparts. Avec plus de 6000 habitants, Romans est, au début du XIVᵉ siècle, une des principales villes du Dauphiné.
Propriété de la ville de Romans, la collégiale Saint-Barnard figure, dès 1840, sur la première liste des monuments historiques protégés. Elle demeure à ce jour l'un des seuls monuments historiques classés de la ville avec le calvaire des récollets et le chemin de croix (Grand Voyage).
La collégiale, un joyau médiéval
Haute de 35 mètres et longue de 65 mètres, la collégiale, par sa présence architecturale, exprime à elle seule son importance dans l'histoire de Romans, et témoigne du pouvoir des chanoines tout au long du Moyen Âge.
Plusieurs fois reconstruite, la collégiale est ravagée durant les guerres de Religion au XVIᵉ siècle. Son cloître, du XIIᵉ siècle, est démoli dans les années 1857-1866. Datée de la même période, la partie inférieure de la nef est, aujourd'hui, la plus ancienne structure encore visible dans la collégiale.
Sculptures, décors peints, vitraux, tentures brodées de la Passion et objets mobiliers font de la collégiale le monument le plus important de Romans, et un site remarquable du sud-est de la France
Décors peints
La collégiale possède un ensemble remarquable de décors peints datant du XIIᵉ–XVᵉ siècles. En particulier, le chœur, entièrement recouvert d'un décor ornemental d'une grande richesse. Les peintures figuratives sont également très présentes avec la représentation des saints Denis, Rustique et Eleuthère sur la gauche du maître-autel. On peut également admirer des anges musiciens du XIIIᵉ siècle très bien conservés. Les couleurs utilisées relèvent de la gamme des pigments employés au Moyen Âge : ocres rouges, jaunes, verts, bleus, noirs.
Sculptures
De nombreux éléments sculptés ont traversé les siècles et témoignent de la maîtrise artistique des sculpteurs médiévaux. Le portail, du XIIᵉ siècle, abrite les statues de quatre apôtres dont saint Pierre et saint Jean. Leurs chapiteaux sont délicatement ciselés.
Côté nord, dans l'impasse Saint-Jean, subsiste une porte romane caractéristique avec des dents d'engrenage. Côté sud, des baies en plein-cintre témoignent de l'élévation du XIIᵉ siècle, également visible dans la nef. Dans cette même nef, on peut aussi admirer des chapiteaux à feuillages d'acanthe ou historiés, d'un grand intérêt, dont le chapiteau de l'Annonciation du XIIᵉ siècle.
Orgue de tribune
L'orgue de la collégiale date de 1843. Il a été construit par le facteur Chambry de Valence et installé sur une tribune édifiée en 1720. Il s'agit du 4ᵉ ou 5ᵉ orgue dont la collégiale a été dotée depuis le Moyen Âge. Il mesure 9 mètres de hauteur pour 7 mètres de largeur et 3 mètres de profondeur. Il est surmonté d'une statue en bois polychrome de saint Barnard. Doté d'un buffet en noyer, l'orgue est classé monument historique.
Vitraux
Le 20 juin 1940, l'armée française détruit le Pont Vieux afin de ralentir l'avancée de l'armée allemande vers le sud de la France. Le souffle de l'explosion emporte une grande partie des vitraux de la collégiale, qui sont remplacés par la suite par du simple verre blanc martelé.En 1958, les vitraux du peintre nancéen François Chapuis sont installés dans le transept sud. Ceux de la chapelle du Saint-Sacrement et du chœur sont quant à eux remplacés ou restaurés dans les années 1960.
En 2000, des vitraux contemporains ont été installés sur la façade occidentale suite à une commande publique engagée par la Ville et le ministère de la Culture. Œuvres de l'artiste Georg Ettel, réalisées par l'atelier valentinois Thomas Vitraux — maître verrier, ils illustrent le thème des deux derniers chapitres de l'Apocalypse de saint Jean.
Aujourd'hui, les vitraux les plus anciens de la collégiale datent du XIXᵉ siècle.
Grande sacristie
Dans la grande sacristie revêtue de lambris en noyer du XVIIIᵉ siècle sont présentés de nombreux objets remarquables, dont la mule du pape Pie VI et plusieurs reliquaires. Un spectaculaire chapier, composé de six tiroirs, permet également de conserver un ensemble de vêtements liturgiques.
Tentures brodées de la Passion
La chapelle du Saint-Sacrement abrite un des joyaux de la collégiale et du patrimoine de Romans : une suite de neuf tentures brodées retraçant la passion du Christ. Ces tentures d'une extrême richesse datent du début du XVIᵉ siècle et proviendraient d'un atelier des Flandres.
Fresque des Trois Doms
Une fresque des Trois doms, représentant les saints Séverin, Exupère et Félicien, datant du XVᵉ siècle a été découverte dans les années 1960. Elle se situe sur une arcade séparant les anciennes chapelles Saint-Étienne et Saint-Maurice. Cette fresque contient également la plus ancienne représentation connue du Palais des Papes d'Avignon.
Un projet de restauration
Un diagnostic complet de la collégiale a été réalisé en 2024 à la demande de la Ville de Romans, permettant ainsi de préciser l'état sanitaire de l'édifice. Ce diagnostic estime la restauration complète de la collégiale à près de 20 millions d'euros. Dans ce cadre, celle-ci s'inscrira par tranches, sur plusieurs années.
La collégiale est bâtie en pierre de molasse, une pierre très fragile lorsqu'elle est exposée au vent, à la pluie et aux variations thermiques. Les parements et sculptures sont affectés par de nombreux désordres et des phénomènes de dégradation actifs. La façade sud notamment est très impactée, la pierre se desquame en plusieurs endroits, les contreforts sont très érodés, de même que les soubassements des grandes fenêtres. Cette façade bénéficiera prochainement de la première tranche de travaux de restauration.