Laurent Abry nous propose de nouvelles conférences pour clôturer le cycle consacré au Caravage.
Brillant foyer du caravagisme européen, l’école d’Utrecht puise sa vitalité à Rome même, où séjournent Hendrick Ter Brugghen, Dirk Van
Baburen et Gerrit Van Honthorst. Ces authentiques caravagesques diffusent dans les années 1620 un style où domine la figure à mi-corps modelée par la lumière, et ouvrent la voie à une intensité narrative magnifiée par Rembrandt.
Séduits par certains sujets typiquement caravagesques, les peintres flamands n’ont toutefois subi l’influence du lombard qu’autant que leur permettait l’immense portée du souffle rubénien. Sans prendre la dimension d’une école, le caravagisme a trouvé à Anvers, en Gerard Seghers et Theodoor Rombouts particulièrement, des interprètes majeurs dont les compositions atteignent une expressivité souvent monumentale.
14h Le caravagisme et la France : la mesure et l’élégance
Les jeunes peintres français arrivant à Rome à partir de 1610 sont tout autant marqués par Caravage que sensibles à la lecture codifiée qu’en donne Bartolomeo Manfredi, décrite dès la fin du siècle sous le nom de Manfrediana Methodus. Simon Vouet en tête, la plupart d’entre eux développent une version adoucie des formules caravagesques, empreinte d’une élégance parfois précieuse, avec laquelle contraste toutefois l’esprit d’un Valentin de Boulogne ou d’un NicolasTournier.
Illustrations
H. Ter Brugghen,
Le joueur de flute, 1621
Jusepe de Ribera, 1633, The Pietà, Museo
Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid