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Les cellules

sandale égyptienneInstallée dans les anciennes cellules des religieuses visitandines, l'exposition « La chaussure, témoin de civilisation et objet d'art » synthétise la naissance, l'évolution, la transmission, l'assimilation des formes de chaussures et la diversité des matières utilisées, dans un ordre chronologique et géographique, de l'antiquité à 1900, à travers cinq continents.

Les trois cents modèles de chaussures exposés ont été sélectionnés parmi les 16500 pièces conservées au musée, dont la prestigieuse collection du Musée national du Moyen Âge Thermes de Cluny, déposée par l'Etat. Ils sont le reflet de la mode de leur époque et de l'art de la cordonnerie. Un fabuleux voyage à travers le temps et l'histoire : la grande mais aussi la petite avec ses légendes, ses anecdotes...

Une visite qui débute par l'Antiquité égyptienne avec une sandale en fibre de papyrus, le plus ancien modèle qui soit au musée, puisqu'il date de 1500 avant Jésus-Christ. Vous pourrez également voir des chopines vénitiennes, dites aussi « mules échasses ». Ces étranges chaussures présentent des socles d'une hauteur exagérée pouvant atteindre jusqu'à 57 cm. A tel point que les dames de qualité qui les portaient devaient s'appuyer sur les épaules de deux servantes pour se déplacer sans péril...

Les bottes de postillon ne manqueront pas également d'attirer votre attention. Impressionnantes par leur lourdeur, 4,350 kg, elles font leur apparition au XVIIe siècle. On les appelle aussi « bottes de sept lieues », en référence à la distance parcourue par les postillons entre deux relais de poste. Autre curiosité, ces chaussures de « faiseur de pluie ». Venues d'Australie, elles sont réalisées avec des cheveux humains tressés et imprégnés de sang. De quoi vous donner des frissons dans le dos !

Une petite halte en Inde vous permettra de découvrir des sandales de fakir du XIXe siècle. Hérissée de clous, elles ne comportent aucun élément en cuir, cette matière étant considérée comme impure par la caste des brahmanes. Enfin, on ne saurait oublier les chaussures chinoises pour pieds mutilés. Selon un historien chinois, en 1100 avant Jésus-Christ, l'impératrice Ta-Ki aurait eu un pied bot et persuadé son mari de décréter obligatoire la compression des pieds des petites filles pour les rendre semblables à celui de leur souveraine...

Tout ceci, cependant, ne constitue qu'un bien faible échantillon de la richesse des collections que nous vous invitons à venir très vite découvrir dans leur écrin : un superbe bâtiment italianisant construit entre le XVIIe et le XIXe siècle.