je m'informe facebook twitter dailymotion
RechercheMenucontenu

Vous êtes ici : Accueil > Ma vie à Romans > Le musée international de la chaussure > Histoire
favoris imprimer mail flux RSS facebook twitter digg delicious technorati zoom zoom zoom

Histoire

Histoire du Musée

HistoirePatrimoine et création

Le Musée de Romans, dont l'origine est récente, a pour fondatrice Marie-Madeleine Bouvier, par ailleurs fondatrice et animatrice du groupe folklorique Empi et Riaume. Ce Musée présentait alors des reconstitutions de scènes de la vie dauphinoise et une petite collection de chaussures du XIXième siècle de provenances diverses.

En 1968, la Ville de Romans fait l'acquisition de la très importante collection de chaussures du modéliste parisien Victor Guillen. Cette collection prestigieuse, qui est constituée de deux mille pièces, touche cinq continents et recouvre quatre millénaires. Cette acquisition a créé véritablement un choc culturel qui a demandé aux municipalités romanaises successives des efforts constants, ainsi que de lourds investissements, car de vastes locaux sont indispensables pour la mise en valeur et la présentation au public de la collection.

C'est alors que l'ancien couvent de la Visitation, devenu établissement scolaire, condamné à la démolition, est sauvé in extremis. Il est affecté au Musée en 1971. Construit par étapes du XVIIième au XIXième siècle, ce bâtiment italianisant et ses jardins seront inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1977. Le Musée s'attache alors à montrer la chaussure sous l'angle technique, ethnographique et artistique. Outils, machines, documents divers retracent l'histoire locale de la mégisserie, de la tannerie, tandis que la chaussure comme objet d'art et de civilisation est évoquée à travers les diverses et importantes collections du Musée.

(JPEG) Vue intérieure du monastère de la Visitation Sainte-Marie, montage de trois photos collées, vers 1900

Durant ces quatre mille ans, le monde a souvent changé de chaussures : pieds momifiés de l'Egypte ancienne, sandales romaines, chaussures à la Poulaine plus ou moins longues selon le rang social de leur propriétaire, "Chopines" vénitiennes du XVIième siècle, appelées aussi "pied de vache" à cause de leur ressemblance avec le sabot de l'animal, bottes du XVIIième siècle de mousquetaires, de pages, de postillons, chaussures de cour aux talons rouges, chaussures de princes ou de bourgeois. Anciennes, récentes ou contemporaines, ces chaussures évoquent tous les temps et tous les pays : on trouvera des chaussures de femmes ou de fillettes pour pieds mutilés en soie brodée venant l'Asie, des sandales de bois des sables brûlants d'Afrique, des mocassins des Indiens d'Amérique...

L'acquisition en 1987 de la dynamique Association des Amis du Musée apporte un complément intéressant à cette histoire mondiale de la chaussure. Cette collection, constituée de trois cent quatre vingt treize paires de chaussures, concerne la période de 1918-1960. Elle comprend une centaine de paires créées par divers bottiers français et italiens, parmi lesquels Ernest, Julienne, Maniatis, Brunis et Perugia. Le reste de la collection est le témoin de la production du grand bottier parisien, Hellstern, qui créa pour les pieds célèbres de son temps et pour le théâtre. Il exécuta en particulier des chaussures, conservées à Romans, pour une fidèle cliente, élégante et fortunée, qui lui commanda, entre autres, de nombreux modèles impropres à la marche, touchant au fétichisme du pied.

Le Musée s'ouvre aussi à la création contemporaine grâce aux dépôts réguliers de fabricants de chaussures. Ce patrimoine, en constante expansion par l'apport de nombreux dons, notamment celui de la collection du XVIIIième et du XIXième siècle de boucles de chaussures en argent de Georges Harms, est un véritable gisement d'idées pour les modélistes. Ces derniers trouvent là une source d'inspiration intarissable. La variété des formes, des matières, des accessoires, offre au créateur une panoplie de suggestions. La mode n'est-elle pas un éternel recommencement ? Le Musée répond ainsi à sa vocation économique qui est de féconder et de promouvoir la création.

La Ville de Romans a entrepris une importante tranche de travaux, avec la participation financière de la CEE, de l'État, du Conseil Général et le contrôle technique de la Direction des Musées de France. Dans le cadre de ces travaux, citons :

  • l'aménagement d'une salle de trois cents mètres carrés à l'usage de la profession Cuir - Chaussure,
  • la restauration des anciennes cellules des religieuses visitandines. Ce vaste espace, divisé en dix-huit cellules (voir détail plus loin), permet une présentation didactique de la synthèse de l'humanité chaussée, de son origine au XXième siècle.

Origine de la tannerie à Romans

"La Presle", un des plus anciens quartiers de Romans, formé d'un vallon traversé par le torrent de la Savasse et ses affluents, était jadis le centre de la vie industrielle.

Dès le moyen-âge, attirés par l'abondance des eaux, les mégissiers et les tanneurs y jouissent d'une très grande prospérité. Les régions voisines, Vercors et plateau de l'Isère fournissent les peaux ainsi que les écorces et les bois pour les matières tannantes. Les maisons (dont certaines subsistent au quartier de la Presle) sont curieusement bâties en encorbellement sur le ruisseau qui baigne leur sous-sol.
A l'étage supérieur de grandes galeries à claire-voie ouvertes à tous les vents servent de salles d'étendage.

Pendant plusieurs siècles, la mégisserie est florissante. Cette industrie consiste à préparer dans des bains de cendre et d'alun les peaux blanches servant à la ganterie. Les peaux de chevreau, d'agneau et de mouton devant conserver leurs poils sont préparées dans des bains identiques.

Au début du XIXième siècle, la tannerie se développe. Cette industrie consiste à transformer les peaux de vache et de veau en cuir à l'aide du tan.

Vers 1850, dix-neuf mégissiers et quatorze tanneurs occupent seulement cinquante cinq ouvriers.

Au début du XXième siècle, la mégisserie va en déclinant. La tannerie essaime à la périphérie de la ville et devient l'industrie la plus importante après celle de la chaussure. En 1900, concentrée en cinq entreprises : Cara, Gras, Roux... elle emploie environ deux cent cinquante ouvriers.
Au cours du XXième siècle, la tannerie locale qui avait fait naître l'industrie de la chaussure s'oriente vers des productions plus diversifiées et son évolution- est beaucoup plus limitée. En 1955, elle occupe environ cinq cents ouvriers.

La part grandissante des importations de peaux tannées et aussi de produits manufacturés réduit considérablement l'activité des tanneries dans les pays orientaux. En 1990, il y a à Romans deux tanneries et deux mégisseries occupant cent soixante personnes.
Aujourd'hui subsiste une tannerie, les tanneries Roux, et une mégisserie, la société de tannerie Chaix.