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Le projet d’aménagement de la place Jean-Jaurès abandonné

Le 03 juillet 2014


Le conseil municipal de Romans se réunira, à titre exceptionnel, le jeudi 17 juillet prochain. A l'ordre du jour : le vote d'une délibération déclarant sans suite la procédure de dialogue compétitif, lancée en 2013 par l'ancienne municipalité pour l'aménagement de la place Jean-Jaurès et des boulevards.

 


La précédente municipalité avait pour ambition de réaménager la place Jean-Jaurès et les boulevards, entre le rond-point de l'Europe et le cours Pierre-Didier. Elle avait pour cela lancé une procédure de dialogue compétitif mettant en concurrence trois groupements de concepteurs : APS (Valence), In Situ (Lyon) et Jacqueline Osty (Paris) qui devaient rendre leur copie après les élections municipales.

 

De fait, les trois groupements ont présenté leur avant-projet le mardi 24 juin devant, changement de majorité oblige, un nouveau jury. Présidé par le maire de Romans, Marie-Hélène Thoraval, celui-ci était constitué d'élus (Philippe Labadens, Franck Astier, Frédéric Juvenet et Laurent Jacquot pour la majorité, Philippe Drésin pour l'opposition), de représentants de la maîtrise d'œuvre (Yves Sauvage et Jacques Vialettes, architectes urbanistes ; Priscilla Tétaz, paysagiste) et de personnes auditionnées à voix non délibératives (Sophie Loubens, architecte des bâtiments de France ; Julien Michelon, représentant de Valence Romans Déplacements).

 

Des visions urbanistiques divergentes


« Le travail fourni était de qualité, expliquait le maire, à l'issue de ce jury, mais ne correspondait pas à ce que sont nos ambitions pour la ville et surtout au projet que nous avons présenté pendant la campagne à nos concitoyens. Nous avons, en effet, une vision urbanistique différente avec une approche plus verticale de la ville (Nord-Sud) qui fait du centre historique notre priorité ; l'idée étant de traiter les problématiques (urbanisme, circulation, sécurité, propreté, dynamisme commercial) dans leur ensemble et non pas au coup par coup. L'attractivité de la ville passe par sa redynamisation, nous en sommes persuadés. Nous y travaillons d'ores et déjà et je pense pouvoir annoncer début 2015 quels seront les tenants et aboutissants de ce projet. »

 

Des subventions aléatoires


Autre raison invoquée par la première magistrate, l'aspect financier. « Le coût de l'opération était estimé à 11 M€. L'ancienne municipalité comptait sur une subvention de 822 842 €, soit 10 % du montant, du CDDRA (Contrat de Développement Durable Rhône-Alpes) mais elle a toutes les chances d'être gelée comme l'a été, récemment, celle de la Maison de la Nature et de l'Environnement. Elle espérait également deux autres subventions mais tout aussi aléatoires : l'une en provenance de fonds européens qui, compte tenu du délai de dépôt des dossiers, serait tombée au mieux fin 2015-début 2016 ; l'autre du Contrat de Projet Etat Région, dans le cadre du volet mobilité financé par feu l'éco-taxe...»

 

Un financement intenable


« Nos prédécesseurs, poursuivait Mme le Maire, avaient prévu, par ailleurs, d'étaler le financement de la place Jean-Jaurès sur six exercices budgétaires, soit : 300 000 € en 2014 / 1 700 000 € en 2015 / 2 500 000 € en 2016 / 2 700 00 € en 2017 / 2 500 000 € en 2018 et 300 000 € en 2019. Ce financement était, à notre sens, intenable. Il se serait fait au détriment d'autres investissements courants qui sont soit indispensables (entretien du patrimoine bâti, service pour le matériel), soit affichés comme politiquement prioritaires (construction d'une école, voiries...). »

 

Des alternatives peu réjouissantes


« Nous aurions dû faire, autrement dit, des coupes sombres dans tout ce qui relève de l'accompagnement des Romanais au quotidien et je m'y refuse, ou encore, pour pouvoir tout mener de front, doubler nos capacités d'investissement (de 4,5 M€ actuellement à 8,5 M€), ce qui ne serait évidemment pas raisonnable au regard de notre situation. Enfin, nous aurions pu également, pour financer ce projet, utiliser, tout ou partie de l'excédent budgétaire cumulé depuis 2008 (3,7 M€ au 31 décembre 2013), mais à cela aussi je me refuse car cela reviendrait à nous priver de toute épargne disponible en cas de coup dur... »

 

« C'est pour toutes ces raisons que nous avons décidé de passer, le 17 juillet prochain, lors d'un conseil exceptionnel, une délibération déclarant sans suite la procédure de dialogue compétitif. »