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Le kiosque remis en musique

Le 27 février 2018

Les travaux de restauration du kiosque, place Jules-Nadi, ont été officiellement lancés ce mardi 27 février. Ils s’étendront sur sept mois. Avec cette restauration, qui participe de l’embellissement de cette place, la Ville souhaite redonner au kiosque toute sa valeur architecturale et lui permettre de redevenir un lieu culturel remarquable.

Monument emblématique de Romans, le kiosque devait à l’origine faire l’objet d’un simple rafraîchissement. Mais après un premier état des lieux opéré par les services de la Ville, il s’est avéré plus dégradé qu’il n’y paraissait. La municipalité a alors demandé à un architecte du patrimoine, Thierry Poulain, de réaliser un diagnostic plus global. Le verdict a été sans appel : une intervention devenait urgente. 

 

Edifié en 1888

A la fin du XIXe siècle, la place Jules-Nadi, dite promenade des Cordeliers, était très prisée des Romanais. Les sociétés musicales avaient pour habitude de venir y jouer et c’est donc là, tout naturellement, que fut édifié en 1888, le kiosque à musique, dans le cadre des commémorations du centenaire des Etats du Dauphiné. L’initiative revient aux voyageurs de commerce. 

A l’époque, la ville et ses habitants jouissent, en effet, grâce au développement de l’industrie de la chaussure, d’une certaine prospérité. Le financement est d’ailleurs vite trouvé, via une souscription populaire à laquelle viennent s’ajouter une subvention de la Ville et les bénéfices d’une grande fête organisée le 2 octobre 1887.
 

Privé de son bulbe en 1960

De forme octogonale, le kiosque est traité avec un grand souci de l’acoustique. Son dôme, surmonté d’un bulbe élancé, a une forme de pagode chinoise. L’édifice comporte, en outre, des garde-corps ainsi que de nombreux motifs parmi lesquels des lyres et il est entouré de grilles et de haies pour le protéger. 

Pendant longtemps on entendra résonner la fanfare du 75e Régiment d’Infanterie, en garnison au moment de son édification, mais ce dernier sera dissout en 1922 et le kiosque finira par tomber en désuétude, victime de l’évolution des goûts musicaux. Il va même perdre son bulbe et donc toute son élégance vers 1960. Les grilles et les haies disparaissent au profit du stationnement. Même son lustre est remplacé par des ampoules. Il est aujourd’hui en mauvais état de conservation : sa couverture en zinc est hors d’usage et percée par endroits, deux colonnes sont fendues…
 

Des travaux ambitieux

Le kiosque de Romans n’est pas protégé au titre des Monuments historiques mais il revêt un caractère patrimonial et historique qui incite néanmoins à appliquer pour sa restauration des exigences en termes de qualité et de respect des matériaux et des techniques anciennes. C’est pourquoi les travaux ont été confiés à Thierry Poulain. 

Il s’agira, dans un premier temps, de reprendre en profondeur la structure : la charpente, les soubassements, les colonnes ou encore le plancher. La restitution des décors disparus et des rambardes latérales, en ferronnerie, feront l’objet de toutes les attentions. La restitution du bulbe surmonté d’un épi de zinc élancé constituera le point d’orgue de cette restauration : après la repose de la charpente existante du kiosque, le bulbe sera installé et une couverture en zinc neuve posée.


Des entreprises spécialisées

Les entreprises retenues se distinguent par leur expertise dans le domaine patrimonial. Citons notamment la SOCRA, entreprise indépendante, fondée en 1963, spécialisée dans la conservation et la restauration d’œuvres d’art. On retrouve également le  groupe Jacquet qui avait assuré la restauration du calvaire des Récollets et qui travaille régulièrement avec le ministère de la Culture et avec de nombreuses collectivités. L’entreprise Menuisier et Compagnons est, quant à elle, réputée dans la restauration de menuiseries pour les Monuments Historiques. Les Charpentiers du Grésivaudan prennent également en charge depuis 2000 des travaux liés à la restauration des toitures traditionnelles sur les monuments historiques et les édifices anciens. Enfin, les travaux d’électricité ont été confiés à l’entreprise Elec-Indus  avec laquelle la Ville de Romans a une longue habitude de travail et de confiance. 
 

La mobilisation de nombreux cofinancements

L’état de conservation du kiosque, le niveau d’expertise de l’équipe de maîtrise d’œuvre, la qualité des travaux entrepris ont un coût. Ces derniers sont en effet de l’ordre de 391 000€ TTC, 459 000€ TTC pour l’opération complète, incluant la maîtrise d’œuvre et l’ensemble des coûts liés au projet (étude, communication…). 

Le caractère patrimonial et emblématique du monument, et la qualité du travail entrepris ont cependant permis à la Ville de réunir de nombreux cofinancements publics et privés. Cinq importantes entreprises ont souhaité devenir mécènes du projet. Les montants réunis représentent à ce jour 20% du montant des travaux.

Les partenaires publics n’ont pas été en reste, puisque la Région (34%) et le Département (13%) se sont également associés au projet. Au final, 33% des coûts seulement seront supportés par la Ville de Romans.